Comment nous nous préparons à l’extinction

Comment nous préparons nous, nous-mêmes et nos enfants, à l’extinction

Allocution de Daniel Quinn du 16 août 1997, à la conférence annuelle de la North American Association for Environmental Education, Vancouver BC.

Traduction Kamaraimo.

Dans un film récent à moitié documentaire appelé Garbage, on demandait à un ingénieur en traitement de déchets toxiques comment nous pouvions arrêter d’engloutir le monde de nos poisons. Sa réponse a été : “Nous devrions éliminer tout le monde de la surface de la terre, parce que les hommes GÉNÈRENT des déchets toxiques, qu’il s’agisse d’organismes pathogènes que nous excrétons de notre corps ou quoi que ce soit d’autre. Nous sommes toxiques vis à vis de la terre.” Lire la suite

L’école : les non-dits

un discours prononcé par Daniel Quinn lors d’une conférence sur l’enseignement à domicile/non scolarisation, 2000

Je suppose que tout le monde, dans ce public, ne sait pas qui je suis ni pourquoi j’ai été invité à m’exprimer devant vous aujourd’hui. Après tout, je n’ai jamais écrit un livre ou même un article sur l’enseignement à domicile ou sur la non-scolarisation. J’ai été affublé de plusieurs noms : futuriste , philosophe planétaire, anthropologue de Mars. Récemment, j’ai été présenté à un auditoire comme critique culturel, et je pense que c’est probablement ce qui convient le mieux. Comme vous pourrez le constater, dans mon discours d’aujourd’hui, je tenterai de placer la scolarisation et la non-scolarisation dans le contexte plus large de notre histoire culturelle ainsi que celle de notre espèce. Lire la suite

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Daniel-Quinn-Ishmael-(FR)

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L’HOMME UNE POIS DISPARU,
Y AURA-T-IL UN ESPOIR
POUR LE GORILLE ?

De l’autre côté on pouvait lire :

LE GORILLE UNE FOIS DISPARU,
Y AURA-T-IL UN ESPOIR
POUR L’HOMME ?

FIN

Daniel Quinn

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Je cherchai le numéro et appelai. Au bout d’un moment, une voix grave et assurée me répondit. « La résidence de Mme Sokolow.

— Êtes-vous M. Partridge ?

— Oui, je suis M. Partridge. »

Je lui précisai : a Je suis le garçon qui vous a rendu visite, il y a environ deux semaines et qui essayait de retrouver Rachel Sokolow.

Partridge attendait.

Je lui annonçai : « Ishmael est mort. »

Après une pause, il me dit : « Je suis désolé de l’apprendre.

— Nous aurions pu le sauver. »

Partridge réfléchit un moment : « Êtes-vous sûr qu’il nous aurait laissés faire ? »

Je n’en étais pas convaincu et je le lui dis.

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C’est seulement lorsque je portai l’affiche chez l’encadreur que je m’aperçus qu’il y avait un message des deux côtés. Je la fis encadrer de telle sorte que les deux textes puissent être lus. D’un côté, il y avait le message qu’Ishmael avait fixé au mur de sa tanière :

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l’ont emporté là où l’on incinère les animaux écrasés, vous savez bien.

— Oui, merci

— De rien.

— Vous êtes d’accord pour que je prenne ses affaires ? »

Au regard qu’il me jeta, je pus me rendre compte que je représentais à ses yeux un stade encore inconnu de la folie humaine. Mais il se contenta de dire : « Bien sûr, pourquoi pas ? Sinon, ça va rejoindre le tas d’ordures. »

J’abandonnai évidemment les couvertures et pris le reste sous le bras.

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Que pouvais-je faire ? Rester un moment devant le four où la municipalité incinérait les animaux écrasés ? Quelqu’un d’autre aurait pris la chose différemment, probablement mieux que moi, révélant un cœur plus généreux et une plus grande sensibilité. Mais moi, je rentrai à la maison. Je rendis la camionnette, récupérai ma voiture et retournai à mon appartement, qui me parut vide mais d’une vacuité nouvelle, d’une désolation inconnue.

Il y avait un téléphone au bout de la table, qui me reliait à tout un univers de vie et d’activités, mais qui aurais-je appelé ?

Assez curieusement, je pensai à quelqu’un.

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manière assez incongrue lorsque le vieil homme de peine que je connaissais arriva sur les lieux. Il me sourit et me montra un grand sac en plastique noir pour m’indiquer ce qu’il était en train de faire : nettoyer les quelques centaines de kilos de détritus abandonnés. Puis quand il aperçut la pile d’affaires à mes pieds, il leva les yeux vers moi et me dit :

« C’est la pneumonie.

— Quoi ?

— C’est une pneumonie qui l’a emporté… votre ami, le grand singe. »

Je restai là, à le regarder, les yeux mi-clos, incapable de comprendre ses propos.

« Le véto est venu samedi soir et lui a fait toutes sortes de piqûres, mais c’était trop tard Emporté ce matin vers les 7 ou 8 heures, je pense.

— Vous voulez dire qu’il est… mort ?

— On ne peut plus mort, camarade. »

Et moi, en parfait égoïste, je m’étais contenté de remarquer qu’il semblait un peu souffreteux.

Je regardai tout autour du vaste emplacement grisâtre où le vent soulevait çà et là des sacs en papier en les rabattant parfois au sol. Je me sentis subitement comme l’un d’entre eux : vide, inutile et poussiéreux.

Mon ancien complice attendait, manifestement curieux de voir ce que l’ami des singes allait faire ou dire.

« Qu’a-t-on fait de lui ? demandai-je.

— Pardon ?

— Qu’a-t-on fait du corps ?

— Oh! On a appelé les autorités, je suppose… Ils

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Ce serait probablement fini vers les 14 heures. Ils m’appelleraient. Je leur dis que ce n’était pas nécessaire et que je reprendrais la voiture quand je le pourrais. Je n’avais pas le moyen de payer les réparations et, de toute façon, cette fichue voiture n’était pas capable de transporter Ishmael.

Je louai une camionnette bâchée. Vous allez sans doute vous demander pourquoi je ne l’avais pas fait tout de suite. Eh bien, c’est que je n’y avais pas pensé.

Deux heures plus tard, je m’arrêtai à la foire et poussai un juron. Il n’y avait plus de fête foraine.

Quelque chose — peut-être un pressentiment — me fit descendre de voiture et je m’en allai rapidement inspecter les lieux. La superficie du terrain semblait trop petite pour avoir contenu dix-neuf revues équestres, vingt-quatre jeux et un spectacle forain. Je me demandais si je pourrais retrouver l’emplacement de la cage d’Ishmael sans aucun repère pour me guider. Mes pas me conduisirent à peu près à l’endroit, et je remarquai qu’une trace visible avait subsisté : les couvertures que je lui avais achetées avaient été abandonnées et jetées sur un tas d’objets hétéroclites. Parmi d’autres choses, je reconnus certains de ses livres, un bloc à dessin sur lequel figuraient encore les cartes et les diagrammes qui illustraient les histoires de Caïn et Abel, Ceux-qui-laissent et Ceux-qui-prennent ainsi que l’affiche de son bureau, maintenant enroulée et maintenue par une bande de papier collant.

J’étais en train de fouiller dans le tas d’une

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économies. De retour à mon appartement, j’avais sur moi deux mille quatre cents dollars, mais cela avait fait de moi un pauvre mec fauché. Je n’avais pas l’intention de perdre mon temps à y songer, car c’était là un problème beaucoup trop compliqué. Comment sortir un gorille d’une demi-tonne d’une cage — alors qu’il n’a pas envie de la quitter — pour le fourrer à l’arrière d’une voiture — alors qu’il n’a aucune envie d’aller faire un petit tour ?

Et d’ailleurs une voiture trimballant à l’arrière cinq cents kilos de gorille peut-elle encore rouler ?

Comme vous l’avez compris, je suis un gars qui ne prend pas le temps de réfléchir. Une fois Ishmael à l’arrière de ma voiture, je déciderais de la suite. Vraisemblablement, je le ramènerais dans mon appartement, et alors, une fois de plus, je verrais bien. D’après mon expérience, on ne sait jamais vraiment comment régler un problème avant de l’avoir réellement sur les bras.

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Ils m’appelèrent à 9 heures, le lundi matin, pour me dire ce qu’il en était de ma voiture. La ventilation était fichue, trop sollicitée elle avait été abîmée parce que ce bon dieu de système de refroidissement était hors d’usage. Il fallait beaucoup d’heures de travail et au moins six cents dollars. Je râlai et leur demandai de commencer les réparations.